Publié le

Et si nous arrêtions vraiment ? Mobilisation associative nationale du 12 au 17 octobre 2026

Du 12 au 17 octobre, des milliers d’associations font une pause symbolique pour rappeler ce qu’elles rendent possible. La M.A.S rejoint la mobilisation nationale lancée par l’Uniopss. Mais derrière la question « et si on s’arrêtait ? », il y en a une autre, moins souvent posée : combien ça rapporte vraiment, une association ?

En avril 2026, le cabinet Asterès a chiffré l’empreinte économique des associations françaises. Pour 1 euro d’activité associative, 3,1 euros sont générés ailleurs dans l’économie. Le secteur représente 6 % du PIB, près de 2 millions de salariés, et des emplois qui ne se délocalisent pas. Cette logique vaut pour l’ensemble du monde associatif : structures d’insertion, épiceries sociales, ressourceries, associations sportives, culturelles, d’aide à domicile, d’hébergement, d’éducation populaire… Toutes contribuent. Dans les 7 Vallées et le Montreuillois, ce chiffre a un visage concret. Plusieurs, même.

Qui accompagnerait les personnes éloignées de l’emploi ?

En France, les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) accompagnent chaque année des centaines de milliers de personnes que le marché du travail ordinaire ne voit plus. Sur notre territoire, plusieurs structures assurent ce rôle. La M.A.S en fait partie : 130 personnes par an, avec un contrat, un encadrement technique, un suivi sur le logement, la mobilité, la santé ou les démarches administratives. D’autres SIAE du territoire font le même travail, selon les mêmes principes.

Une étude nationale de 2025 chiffre le gain social net d’un poste d’insertion à plus de 13 000 euros par an : charges évitées (allocations, accompagnement social, santé), cotisations et impôts produits. L’IAE ne coûte pas à la collectivité, elle lui rapporte. Ces personnes, si les structures s’arrêtaient, ne disparaissent pas, elles restent là, sans solution.

Qui permettrait à des familles de faire leurs courses dignement ?

En France, les épiceries sociales et solidaires accueillent des millions de personnes qui n’ont pas accès à une alimentation correcte autrement. À Hesdin-la-Forêt, l’épicerie sociale de la M.A.S, c’est 320 familles, près de 1 000 personnes.

Le réseau national Andès, dont nous faisons partie, a calculé le coût moyen du modèle : environ 222 euros par personne accompagnée et par an. Et voici le chiffre qui mérite d’être connu : quand une commune soutient une épicerie sociale associative, elle prend en charge 16 % du budget. Si elle gérait le même service en direct, ce serait 64 %. L’association divise la charge publique par quatre, à service rendu équivalent. Si elle fermait, les fins de mois difficiles, elles ne s’arrêteraient pas, elles.

Qui récupèrerait les objets de tes voisins avant qu’ils finissent à la benne ?

Le Réseau National des Ressourceries et Recycleries, c’est plusieurs centaines de structures en France qui détournent des tonnes de déchets chaque année, créent des emplois et permettent à des familles d’accéder à des biens à prix abordable. Les recycleries de Huby-Saint-Leu et de Fruges font partie de ce réseau. Chaque tonne réemployée, c’est une tonne non incinérée, du CO2 évité, des emplois locaux maintenus. Si elles fermaient, des meubles, des vêtements, des appareils partiraient à la déchetterie. Et ceux qui achètent chez nous parce que c’est abordable, ils s’équiperaient comment ?

Et toutes les autres ?

Nous rejoignons la mobilisation associative nationale — du 12 au 17 octobre 2026

Les trois activités de la M.A.S n’épuisent pas le sujet. Sur le territoire et partout en France, des associations sportives financent l’accès au sport pour des enfants qui n’auraient pas les moyens. Des associations culturelles maintiennent une vie locale là où le privé ne va pas. Des associations d’aide à domicile permettent à des personnes âgées ou en situation de handicap de rester chez elles. Des centres sociaux, des associations d’éducation populaire, des structures d’hébergement d’urgence font le même calcul silencieux : prendre en charge ce que ni le marché ni le service public ne couvrent seuls, souvent à moindre coût et avec plus de souplesse.

Si toutes ces structures s’arrêtaient en même temps, ce sont 12 millions de personnes en France qui se retrouveraient sans solution du jour au lendemain.


La M.A.S est pleinement engagée sur son territoire. Elle ne travaille pas seule : d’autres SIAE, associations médico-sociales et acteurs de la solidarité portent la même réalité dans les 7 Vallées et le Montreuillois. Les réseaux auxquels appartient la M.A.S permettent de mutualiser les pratiques et de peser collectivement : Andès (épiceries sociales), RNRR (ressourceries), Uniopss, URIAE Hauts-de-France et ARESO. Les partenaires institutionnels (CC7V, Département du Pas-de-Calais, centre social Le Grand H) font partie de cet écosystème. Depuis 1999, avec 15 salariés permanents, c’est un travail qui se voit quand tout fonctionne, et qu’on remarque surtout quand il manque.

On ne subventionne pas des associations, on mutualise ce que chacun ne peut pas porter seul.

Pour en savoir plus sur la mobilisation nationale : etsinousarretionsvraiment.fr — Sources : Asterès 2026, UNEA 2025, Andès 2026

Partager cet article