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Le Réseau national des Ressourceries et Recycleries (RNRR) a publié son Observatoire national, construit à partir des données 2024 de ses adhérents. 231 structures y ont répondu, soit près de neuf sur dix. Membre du réseau, l’association Maison Accueil Solidarité y contribue avec ses deux ressourceries, à Huby-Saint-Leu dans les 7 Vallées et à Fruges dans le Haut-Pays du Montreuillois. Voici ce qu’il faut en retenir.
Un réseau né dans les Hauts-de-France
On l’oublie souvent : le réseau national est né chez nous. Il a été créé en 2000 par sept structures du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie. Il rassemble aujourd’hui près de 300 adhérents, dont plus de 260 ressourceries et recycleries en activité partout en France.
Les chiffres clés de 2024
- 9 513 salariés et 5 128 bénévoles font vivre ces structures.
- 76 287 tonnes d’objets ont été collectées, et 93 % d’entre elles ont été valorisées : 43 % par le réemploi, 50 % par le recyclage ou les filières spécialisées.
- Près de 5,9 millions de passages en caisse, la preuve que la seconde main solidaire fait partie du quotidien de nombreux ménages.
- 11 209 actions de sensibilisation, qui ont touché plus de 238 000 personnes.
- 180 millions d’euros de dépenses de fonctionnement, engagées directement dans les territoires.
L’insertion, au cœur du modèle
C’est un chiffre que l’on connaît moins : dans les ressourceries et recycleries, les salariés en contrat d’insertion représentent plus de la moitié de l’effectif. Et ces parcours débouchent. En 2024, 56 % des salariés en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) sont sortis vers un emploi durable, un emploi de transition, une formation ou une autre structure d’insertion. C’était 54 % en 2022.
La M.A.S fonctionne sur ce modèle. Conventionnée atelier et chantier d’insertion (ACI) par l’État depuis 2009, elle fait de la collecte, du tri, de la remise en état et de la vente autant de supports de travail pour ses salariés en insertion, accompagnés tout au long de leur parcours. L’Observatoire note d’ailleurs qu’une ressourcerie en chantier d’insertion compte en moyenne 48 salariés, contre 10 pour une structure hors insertion.
Pour en savoir plus : emploi en insertion à la M.A.S.
Bien plus qu’un magasin d’occasion
L’Observatoire rappelle ce qui fait une ressourcerie : donner une seconde vie aux objets, bien sûr, mais aussi développer les solidarités, transmettre des savoir-faire, sensibiliser à une consommation plus sobre et offrir des lieux où l’on se retrouve. Les ressourceries redonnent aussi une partie de ce qu’elles reçoivent : selon les dernières données du réseau, 60 % d’entre elles font des dons à des associations ou à des particuliers.
C’est tout le sens de nos deux boutiques : la ressourcerie solidaire de Huby-Saint-Leu, avec ses 1 200 m² de vente, et RE-Trouvailles à Fruges. Ouvertes à tous, sans condition de ressources, elles permettent de s’équiper à petit prix tout en soutenant l’emploi local.
Des structures qui ont besoin de soutien
L’Observatoire ne cache pas les difficultés. Les ressources des structures sont fragilisées par la baisse des financements publics, la multiplication des appels à projets et la baisse du pouvoir d’achat, dans un contexte où elles tiennent à garder des prix accessibles. Quant aux fonds réemploi créés par la loi AGEC pour soutenir le secteur, ils ne représentent encore qu’environ 2,4 % de leurs ressources, quatre ans après l’adoption de la loi.
Chaque achat, chaque don d’objet et chaque soutien compte. Pour nous aider : soutenir la M.A.S.
Source : Réseau national des Ressourceries et Recycleries, Observatoire national des Ressourceries et Recycleries, données 2024.