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Le 8 septembre 2026, ESS France, la Chambre française de l’économie sociale et solidaire, a publié son Panorama « Ce que l’Économie Sociale et Solidaire apporte à la société ». Le document rassemble les chiffres les plus récents sur le poids de l’ESS en France, secteur par secteur. Nous l’avons lu avec une question simple en tête : que disent ces chiffres de ce que fait la M.A.S, ici, dans l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer ?
L’ESS, bien plus qu’un secteur
L’économie sociale et solidaire représente en France 2,68 millions d’emplois, soit 13 % des emplois privés, dans près de 147 000 entreprises employeuses. Associations, coopératives, mutuelles, fondations et sociétés commerciales de l’ESS partagent des règles fixées par la loi du 31 juillet 2014 : un but qui ne se limite pas au partage des bénéfices, une gouvernance démocratique et des bénéfices réinvestis dans le projet.
L’association Maison Accueil Solidarité, créée en 1999, en fait partie. Ses décisions se prennent ici, par son conseil d’administration, et ce qu’elle produit reste au service du territoire.
L’insertion, un tremplin qui fonctionne
Le Panorama rappelle le rôle de l’insertion par l’activité économique (IAE) : faire de l’entreprise elle-même un lieu où l’on reprend pied, pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, qu’il s’agisse de chômeurs de longue durée, d’allocataires du RSA ou de jeunes en difficulté. En 2023, 142 300 personnes travaillaient dans une structure d’insertion. Et six mois après leur sortie, 45 % sont en emploi et 7 % en formation, selon la Dares.
La M.A.S est conventionnée atelier et chantier d’insertion (ACI) par l’État depuis 2009. Chaque année, elle accompagne environ 130 personnes vers l’emploi, en contrat à durée déterminée d’insertion de 26 heures par semaine, avec un encadrement technique sur le terrain et un accompagnement socioprofessionnel. Pour en savoir plus : emploi en insertion à la M.A.S.
Le réemploi, de l’écologie et des emplois
Collecter, trier, remettre en état, revendre : l’ESS fait ce travail depuis des décennies, objet par objet. Selon le Panorama, plus de 3 000 structures de l’ESS agissent dans le réemploi et y font vivre plus de 40 000 emplois. Elles ont collecté 700 000 tonnes d’objets, dont 300 000 ont retrouvé une seconde vie.
ESS France insiste aussi sur ce que le réemploi apporte au-delà des tonnes évitées : des objets à petits prix, des lieux où l’on se croise, et un travail de sensibilisation pour produire moins de déchets. Le document plaide enfin pour que les structures de l’ESS aient voix au chapitre dans la gestion du fonds réemploi créé par la loi AGEC en 2020, dont elles sont aujourd’hui bénéficiaires sans pouvoir de décision.
Chez nous, ce sont nos deux ressourceries, dans les 7 Vallées à Huby-Saint-Leu et dans le Haut-Pays du Montreuillois à Fruges avec RE-Trouvailles. Chaque meuble, chaque vêtement, chaque vélo qui y passe sert aussi de support à un parcours d’insertion.
La solidarité de proximité
L’ESS porte 58 % des emplois de l’action sociale en France. Le Panorama cite aussi le Credoc : entre 2018 et janvier 2024, la part des Français qui se sentent en situation de vulnérabilité a progressé de 14 points.
Sur notre territoire, cette réalité a un visage. En 2025, l’épicerie sociale de la M.A.S a compté 322 familles des 7 Vallées actives sur l’année.
Une économie rurale, qui ne se délocalise pas
Contrairement à une idée reçue, l’ESS est plus présente à la campagne qu’en ville : 26 % de ses emplois se trouvent en zone rurale, contre 22 % pour le reste de l’économie. Et 84 % de ses établissements sont implantés hors d’Île-de-France. Ses entreprises appartiennent à leurs membres, pas à des investisseurs lointains, ce qui les ancre durablement là où elles sont nées.
C’est exactement notre situation : des emplois qui ne partiront pas ailleurs, dans un territoire rural où les services de proximité se font rares.
Une économie frugale
Le Panorama s’appuie enfin sur un rapport de la Cour des comptes publié en 2025, qui fait tomber une idée tenace : celle d’une ESS vivant de subventions. L’ESS pèse 13,4 % de l’emploi privé, mais ne reçoit que 4,4 % des budgets d’intervention de l’État. Seules 4 % de ses structures bénéficient d’un soutien financier de l’État, et plus de 80 % de ces contributions publiques financent des missions d’intérêt général, comme l’hébergement, l’accompagnement social ou l’aide alimentaire.
Les soutiens que reçoit la M.A.S, du Fonds social européen (FSE+), du Département du Pas-de-Calais et de la Communauté de Communes des 7 Vallées, financent eux aussi des missions précises au service des habitants. Pour le détail : transparence et financement de la M.A.S.
Et maintenant ?
Ce Panorama confirme ce que nous vivons au quotidien : l’ESS n’est pas une économie à part, c’est une économie du lien et du territoire. Si vous voulez y contribuer, il y a mille façons de le faire : soutenir la M.A.S, donner des objets, acheter d’occasion dans nos ressourceries, ou simplement parler de nous autour de vous.
Source : ESS France, Panorama « Ce que l’Économie Sociale et Solidaire apporte à la société », septembre 2026. Les chiffres cités proviennent des sources indiquées dans ce document (ONESS d’après l’Insee, Dares, Union du réemploi solidaire, Credoc, Cour des comptes).